— Cahiers de psychologie clinique, 2025/2, 65, Pages 37 à 54 « Devenir mère, jamais ! » | Cairn.info
En matière d’amour, de désir, de plaisir, de jouissance et de séduction, les usages et les mœurs évoluent de jour en jour. L’auteur analyse les difficultés du couple du point de vue des hommes, à partir de son expérience clinique, de la
mythologie et de l’apport de diverses disciplines, dont la littérature.
En matière d’amour, de désir, de plaisir, de jouissance et de séduction, les usages et les mœurs évoluent jour après jour, ce qui rend la vie de couple de plus en plus compliquée. Passionné de longue date par les mystères du couple, par ses joies et ses difficultés, par ses réussites et ses échecs, Patrick De Neuter prend appui sur le mythe de l’enlèvement d’Europe, jeune princesse phénicienne, par Zeus, son arrière-arrière-grand-père, déguisé en taureau, pour explorer les amours et désirs conscients, et surtout inconscients, des hommes, jeunes et moins jeunes, d’aujourd’hui.
A partir de sa clinique psychanalytique et psychothérapeutique individuelle et de couple, enrichie de nombreuses lectures dans diverses disciplines, l’auteur questionne la problématique du mâle à la chevelure grisonnante amoureux de la jeune fille, vierge et rajeunissante. Il s’intéresse au désir d’être aimé, à celui de mettre au monde un enfant, aux fantasmes incestueux et œdipiens, à la fidélité et aux infidélités conjugales, à l’identification à l’animal, aux angoisses du vieillissement, à l’actualité du patriarcat et du machisme présents dans la société, mais aussi dans l’inconscient de « chaque un ».
Il y a 25 ans les Cahiers publiaient un numéro consacré au féminin. L’importante turbulence sociétale et culturelle actuelle nous a amenés à réfléchir, à réinterroger, à revisiter non seulement le féminin mais aussi la féminité dans le monde contemporain. Comme ces dernières années nous avons assisté à un rebond du féminisme, la troisième partie de ce Cahiers rassemble une série de contributions qui relèvent de cette thématique. À noter que nombre des articles proposés abordent les différentes thématiques qui composent ce numéro 64 des Cahiers sous des angles en dehors d’une certaine « mentalité de groupe » (au sens de Bion), hors des sentiers battus.
Si le féminin est mis en relation, en opposition avec le masculin, force est de constater qu’aujourd’hui c’est à un féminin pluriel que nous assistons et que c’est en vain que l’on tente de définir une essence du féminin. Notons que Freud déjà soulignait l’impossibilité de généralisation pour la bonne raison que nous avons chacune et chacun de nous une part plus ou moins importante de masculinité et de féminité, à savoir une bisexualité psychique. Il affirma aussi qu’il appartenait « à la nature même de la psychanalyse de ne pas vouloir décrire ce qu’est une femme […] mais d’examiner comment elle le devient » (Freud, 1933).
Ainsi, ce féminin, cet « être femme », qui échappe à se définir, à être défini, qui déborde et se recouvre dans les différents fils qui font actualité, parfois d’une façon brûlante, ce féminin reste toujours énigmatique comme le montrent la clinique, la métapsychologie et le socius…
Y a-t-il des leçons philosophiques à tirer sur la question du sujet à partir des cas où son unité, son intimité ou son identité semblent compromises ? Inversement, quelles sont les conceptions de la première personne requises pour identifier ces perturbations de soi, en rendre compte et y répondre ? Telles sont les questions que les auteurs de ce volume – philosophes, psychologues, psychiatres et sociologues – se proposent d’explorer, en suivant un triple angle d’attaque. Il s’agit d’abord d’interroger la place qu’occupent de tels cas « limites » dans les approches philosophiques de la subjectivité qui ont récemment émergées après le « tournant linguistique » tel qu’opéré en particulier par Ludwig Wittgenstein et John L. Austin. Si l’intérêt de ces approches est d’offrir des alternatives tant au paradigme traditionnel du sujet conscient de soi qu’aux remises en question qui mettent en avant les déterminations inconscientes de celui-ci, le statut de ces cas reste en effet sujet à débat. C’est pourquoi, dans un deuxième temps, une confrontation avec la psychopathologie, notamment avec le cas emblématique de perte et de dissociation de soi qu’est la schizophrénie, se justifie. Enfin, une plongée dans les contextes concrets de la recherche en sciences sociales et de l’expertise psychiatrique complète ce retour au « sol raboteux » des pratiques que Wittgenstein appelait de ses vœux afin de tracer les limites de nos concepts du sujet tels qu’ils sont utilisés en contexte. Ainsi, c’est un nouvel éclairage qui est porté sur les problématiques philosophiques de la subjectivité et de la constitution de soi à la lumière de situations où le sujet entre en crise.
Deux pratiques apportent un éclairage sur ce qui se joue dans les premiers temps de la relation mère-bébé : l’une a lieu dans un service accueillant des mères « psychotiques » enceintes et pendant quelques mois après la naissance de leur bébé, l’autre dans un service de réanimation néonatale avec de grands prématurés. Ces situations, où la relation est perturbée, empêchée, du fait d’une certaine inadéquation des attitudes maternelles, ou en raison des obstacles techniques, se présentent comme une mise à plat de ce qui se passe très précocement.
En travaillant avec ces mères et leurs enfants, les auteurs ont formulé l’hypothèse de « la supposition de sujet » pour tenter de nommer ce qui spécifiait ces expériences et ils ont pu en mesurer l’efficacité. En effet, cette relation, dans les tout premiers temps de la vie, se fonde moins sur une fusion entre mère et bébé ou sur le savoir que la mère imputerait à son enfant que sur la supposition, avant tout, d’un sujet que la mère pose dans cet enfant, un sujet qui fait partie d’elle mais qu’elle se représente séparé selon une logique qui relève du signe plutôt que du signifiant.
Pour situer cette formule de Maud Mannoni à propos de Bonneuil, « lieu-dit d’antipsychiatrie 1 », il con vient de revenir au temps de la fondation de l’École expérimentale de Bonneuil-sur-Marne. Cette date, 1969, n’est pas indifférente : elle place Bonneuil au cœur de tout ce mouvement de remise en cause des institutions psychiatriques telles qu’elles se sont développées après-guerre. L’enfermement, l’aspect quasi concentrationnaire des asiles, les dizaines de milliers de patients morts de faim pendant la guerre, sans compter leur élimination en Allemagne, ont rendu insupportable le sort qui leur était réservé. Cette contestation de l’institution asilaire s’accompagne de travaux contemporains comme ceux de Michel Foucault – rappelons que pas une fois Jacques Lacan ne s’est adressé aux psychiatres sans recommander la lecture de l’Histoire de la folie à l’âge classique 2, parue en 1961 –, mais aussi de la découverte du premier neuroleptique. Certes, des pratiques non asilaires existaient déjà ici et là, et la vie à l’asile était organisée de façon variable : on pense à l’hommage de Jean Oury à Philippe Pinel, considérant le traitement moral comme un ancêtre de la psychothérapie institutionnelle.
Pour situer cette formule de Maud Mannoni à propos de Bonneuil, « lieu-dit d’antipsychiatrie 1 », il con vient de revenir au temps de la fondation de l’École expérimentale de Bonneuil-sur-Marne. Cette date, 1969, n’est pas indifférente : elle place Bonneuil au cœur de tout ce mouvement de remise en cause des institutions psychiatriques telles qu’elles se sont développées après-guerre. L’enfermement, l’aspect quasi concentrationnaire des asiles, les dizaines de milliers de patients morts de faim pendant la guerre, sans compter leur élimination en Allemagne, ont rendu insupportable le sort qui leur était réservé. Cette contestation de l’institution asilaire s’accompagne de travaux contemporains comme ceux de Michel Foucault – rappelons que pas une fois Jacques Lacan ne s’est adressé aux psychiatres sans recommander la lecture de l’Histoire de la folie à l’âge classique 2, parue en 1961 –, mais aussi de la découverte du premier neuroleptique. Certes, des pratiques non asilaires existaient déjà ici et là, et la vie à l’asile était organisée de façon variable : on pense à l’hommage de Jean Oury à Philippe Pinel, considérant le traitement moral comme un ancêtre de la psychothérapie institutionnelle.
Pour situer cette formule de Maud Mannoni à propos de Bonneuil, « lieu-dit d’antipsychiatrie 1 », il con vient de revenir au temps de la fondation de l’École expérimentale de Bonneuil-sur-Marne. Cette date, 1969, n’est pas indifférente : elle place Bonneuil au cœur de tout ce mouvement de remise en cause des institutions psychiatriques telles qu’elles se sont développées après-guerre. L’enfermement, l’aspect quasi concentrationnaire des asiles, les dizaines de milliers de patients morts de faim pendant la guerre, sans compter leur élimination en Allemagne, ont rendu insupportable le sort qui leur était réservé. Cette contestation de l’institution asilaire s’accompagne de travaux contemporains comme ceux de Michel Foucault – rappelons que pas une fois Jacques Lacan ne s’est adressé aux psychiatres sans recommander la lecture de l’Histoire de la folie à l’âge classique 2, parue en 1961 –, mais aussi de la découverte du premier neuroleptique. Certes, des pratiques non asilaires existaient déjà ici et là, et la vie à l’asile était organisée de façon variable : on pense à l’hommage de Jean Oury à Philippe Pinel, considérant le traitement moral comme un ancêtre de la psychothérapie institutionnelle.
De l’infans à l’adulte : le temps et la mémoire chez Piera Aulagnier », dans Topique 2025/1 (n°163), Paris, A2iP, 2025
- Introduction », dans Pour repenser la psychanalyse, Figures de la psychanalyse, n°47, Toulouse, Érès, 2025.
- “Faust”, dans le recueil Figures de l’inconscient. Littérature et psychanalyse, Éditions de l’Université de Sofia, 2025
- Introduction », dans Pour repenser la psychanalyse, Figures de la psychanalyse, n°47, Toulouse, Érès, 2025.
- “Faust”, dans le recueil Figures de l’inconscient. Littérature et psychanalyse, Éditions de l’Université de Sofia, 2025
De Neyer C., De Marneffe K., Deschietere G., Vander Vorst C., « Requête de mise en observation d’un enfant de dix ans : Quels chemins de liberté dans la procédure d’ « expertise » ? », Revue Enfances adolescences, n°36, 2023/2, Pages 9-27.
d’Aspremont Lynden V., Vander Vorst C., Wintgens A., « Une symptomatologie autistique ? A la croisée de trois lectures diagnostiques », Neuropsychiatrie de l’enfant et de l’adolescence, Vol 72/7, Novembre 2024, pages 322-326.
« Ça a été un moment formidable », entretien avec Alain Vanier par Alejandro Dagfal, dans À l’École de Jacques Lacan. Expériences et héritages (1964-1984) (dir. A. Dagfal), Paris, coll. Résonances, Stilus, 2025.
« L’adolescence, hier et aujourd’hui », dans Journal français de psychiatrie, 2025/2 (n° 56)
Transcription d’une intervention au séminaire Our gaze : the missing object avec KaderAttia,StéphanieDeschamps-Tan,AlainVanier, et Hala Wardé, au Musée du Louvre, Paris, publié en anglais dans The Brooklyn Rail https://brooklynrail.org/2025/09/special-report/our-gaze-the-missing-object/ et https://brooklynrail.org/contributor/alain-vanier/
The “Here and Now” of French Psychoanalysis. Conversations with Contemporary Psychoanalysts
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- "Autre, objet, temps” recueil d’articles publiés en Bulgarie (Voir couverture en pièce jointe)ntretien avec Alain Vanier », In Analysis,Volume 8, Issue 1, 2024
Catherine et Alain Vanier, "", dans Ce que les psychanalystes apportent à la pédopsychiatrie (dir. B. Bensidoun, T. Garcia-Fons), Toulouse, Érès, 2024